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Rétro / Bugatti Autorail : le Concorde sur rails

Rédigé par Ken Divjak le 24-03-2026

Longtemps, le Concorde a été le symbole du voyage décadent, dans le luxe et à grande vitesse. Mais saviez-vous que Bugatti avait promis la même chose dans les années 1930, avec l'Autorail, un train à grande vitesse propulsé par quatre moteurs Type 41 "Royale" à huit cylindres ?

Nous sommes en 1932. Ettore Bugatti est accablé car son chef-d’œuvre, la Type 41 alias la Royale, ne se vend pratiquement pas. Le projet était de construire 25 exemplaires de cette limousine de luxe, mais la Grande Dépression des années 30 en a décidé autrement.

Bugatti Type 41 Royale

Résultat: seules six Royale ont trouvé preneur, alors que Bugatti avait budgétisé bien davantage de moteurs. Le 8-cylindres de 12,76 litres était en outre si imposant qu’il ne pouvait entrer dans aucun autre modèle, même la Rolls-Royce Phantom I, concurrente désignée de la Type 41, ne disposait «que» d’un six-en-ligne de 7,7 litres.

TGV avant la lettre

Bugatti ne se laissa toutefois pas abattre et chercha son salut sur les rails. Avec l’approbation des chemins de fer français, il construisit 88 rames profilées, chacune équipée de quatre moteurs issus de la Royale. L’Autorail atteignait ainsi une vitesse moyenne de 140 km/h, avec une pointe absolue de 193 km/h lors d’une séance d’essais.

Bugatti Autorail

L’unique exemplaire subsistant est la version présidentielle avec laquelle Albert Lebrun, alors président de la République, parcourut fièrement en 1933 les 372 km de Paris à Cherbourg en 3 heures et 15 minutes. L’engin est habituellement exposé au musée ferroviaire de Mulhouse, mais a été transféré à Paris pour la 50e édition du salon Rétromobile.

De Bugatti Autorail uit 1933 was de Concorde onder de treinen

La Bugatti sur rails y était présentée aux côtés d’une série d’autres prototypes d’Ettore, mais c’est bien l’Autorail qui attira tous les regards. Mention spéciale pour la coupole du conducteur qui dépasse du toit, permettant de rouler dans les deux sens depuis la même position. Dans le cockpit, ce sont surtout les quatre compte-tours qui frappent, ainsi que les ostentatoires jauges de carburant. Chacun des quatre moteurs consomme en effet 1 litre par kilomètre parcouru, soit un total de 400 l/100 km.

De Bugatti Autorail uit 1933 was de Concorde onder de treinen

Selon quel cycle cette mesure a été effectuée, les organisateurs ne le précisent pas. Une chose est sûre toutefois: la Bugatti Autorail constituait une pièce maîtresse idéale pour l’édition la plus réussie jamais organisée de Rétromobile.

 

 

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