Si l’Avenger fut le premier Jeep 100% électrique, ce Compass 4xe 2026 devient le premier modèle 4x4 100 % électrique de la marque. Un cap tout sauf anodin. Cette version prend la tête d’une gamme composée de l’e-Hybrid 145 ch (1.2 litre), de la Plug-In Hybrid 225 ch (1.6 litre) ainsi que de deux variantes électriques à deux roues motrices, dont une – toute récente - la Long Range, annonçant jusqu'à 674 km d'autonomie. Pour la version électrique à « petite » batterie, nous vous renvoyons à notre match Jeep Compass Vs. Ford Explorer. S’il fut Ricain, le Compass est aujourd’hui plutôt Rital. Développé de A à Z en Italie, qu’il s’agisse des bureaux de Turin ou des pistes de Balocco, il est aussi produit dans la Botte, à Melfi, aux côtés de DS N°7 et prochaine Lancia Gamma. C’est une équipe jeune et dynamique qui l’a redéfinit pour l’imposer comme le plus sympa et cool des SUV du segment C.
Plus statutaire, mais toujours Jeep
Il y a vingt ans ; le premier Compass traçait une nouvelle voie pour Jeep : moins quat’quat’ pur et dur, plus lifestyle de SUV urbain. On ne peut pas dire que la formule connut un succès commercial écrasant, perdue dans un troupeau d’autres SUV. Le public jeune lui préférait l’adorable Renegade ou le plus récent Avenger. Deux générations plus tard, le troisième opus repose sur la plateforme STLA Medium de Stellantis. Long de 4,59 m (+ 20 cm par rapport à l’ancien Compass), il joue les équilibristes entre les segments C et D tout en conservant les attributs stylistiques de Jeep, comme la calandre à sept fentes désormais rétroéclairée. La nouvelle version 4xe affiche un tempérament plus aventurier. Sa suspension est rehaussée de 10 mm et lui permet d'offrir une garde au sol accrue, des angles de franchissement améliorés et une capacité de passage à gué de 480 mm. Le réglage spécifique de la suspension intègre de nouveaux ressorts et des amortisseurs recalibrés afin de maximiser le compromis confort routier/évolution en TT.

Suffisamment spacieux
L'empattement de 2,80 m profite aux passagers arrière et le coffre atteint 541 litres (420 pour l’ancien Compass 4xe). La transmission intégrale (et la présence du second moteur) ne change rien. L'habitacle est aménagé dans un esprit TT, c’est-à-dire avec des matériaux et des solutions qui privilégient la robustesse. La planche de bord comprend un écran d’instrumentation de 10,25” et un écran tactile central de 16”, large mais de faible hauteur, ce qui ravira les anti-écrans. On est très bien assis, sans manquer de place.

Deux moteurs, un savoir-faire
Le Compass 4xe associe un moteur avant de 214 ch à un moteur arrière de 180 ch, soit une puissance cumulée de 375 ch. Développé spécifiquement pour cette version, le moteur arrière bénéficie d'un réducteur de 14:1 générant jusqu'à 3.100 Nm aux roues arrière (en fonction du mode de conduite) au profit d’une motricité inédite. Ressorts et amortisseurs sont calibrés à sa destination off road. Le système Selec-Terrain gère la répartition de la puissance entre les roues, compte tenu de l’un des modes enclenchés : Auto, Sport, Snow, Sand/Mud et 4WD Lock, ce dernier simulant un blocage de différentiel. Les ingénieurs ont tenu à souligner les vertus d’une transmission 4x4 électrique, plus précise et plus intelligente que les « mécaniques ». Grâce à la puissance et à la rapidité des calculateurs, on évite au maximum le patinage des roues. Le système intervient avant même la perte d'adhérence, contrairement aux système précédents qui réagissaient après une perte de grip.


La version 4xe est exclusivement associée à la grande batterie de 96,1 kWh utiles qui promet plus de 600 km d'autonomie WLTP. La recharge s'effectue jusqu'à 11 kW en courant alternatif (22 kW en option) et 160 kW en courant continu. Les limites d’une architecture 400V.
Rapide sur route, convaincant en dehors
Sur route, les 375 ch et plus de 600 Nm effacent sans peine les 2,3 tonnes de l'engin. Le 0 à 100 km/h est expédié en 5,4 secondes et les reprises sont particulièrement vigoureuses. Nous avalons quelques cols à des vitesses élevées, sans le moindre mal. Pour la vitesse de pointe, Jeep pose à bride à 180 km/h. à rythme normal, le Jeep 4xe est tout simplement onctueux.

Le parcours tout-terrain proposé lors de cet essai restait relativement accessible, mais suffisamment exigeant pour mettre en évidence les qualités du système de transmission intégrale. Le Compass évolue avec une étonnante facilité, sans jamais peiner dans l’effort, une impression renforcée par le silence ambiant. Au terme de notre essai, la consommation oscillait entre 22 et 23 kWh/100 km, mais devrait facilement descendre sous les 20 kWh/100 km dans un usage plus conventionnel et mixte.

Prix correct
Sommet de puissance dans la gamme, le Compass 4xe l’est également en terme de prix. Uniquement disponible dans les niveaux de finition Upland et Overland, il vous en coûtera au minimum 52.650 € TVAC… ce qui n’a rien de honteux quand on analyse toutes les qualités et l’équipement de cette version 4xe 100 % électrique à grande batterie. On rappelle que le premier Compass – e-Hybrid 145 deux roues motrices - coûte 37.650 €.
Conclusion
Ne résumez pas le Compass 4xe à un Opel Grandland grimé en Jeep. Dans l’offre Stellantis partageant la même plateforme, le Compass est bien le plus en phase avec l’esprit SUV de loisirs importé des USA (Jeep a lancé la mode en 1963). Et puis il y a le nom, « Jeep », chargé d’histoire et d’esprit de liberté, un argument commercial à lui seul. De la personnalité, un style affirmé et de réelles aptitudes hors des sentiers battus, sans oublier un confort routier élevé, cette version a tout pour séduire les professionnels qui s’invitent sur des exploitations agricoles ou des chantiers, tout comme les particuliers qui veulent s’offrir un véhicule attachant. Pour qui emprunte exclusivement la route, nous conseillons la récente version 2 roues motrices et grande batterie, qui annonce jusqu’à 674 km d’autonomie.
Dans cet article : Jeep, Jeep Compass
