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Edito / Édito - L’empire d’essence

Rédigé par Xavier Daffe le 28-02-2024

La vérité du jour n'est pas forcément celle du lendemain. À plus forte raison quand elle assénée sans réflexion suffisante. Heureusement, certains grands capitaines d'industrie n'ont pas peur de prendre du recul.

édiAkio Toyoda fait partie de ces capitaines d’industrie qui tirent leur légitimité de leur persistance à la tête de leur entreprise et leur crédibilité d’une constance dans les bons résultats qui pourrait constituer un cas d’école. Le petit-fils du fondateur de la marque Toyota est donc sentimentalement attaché à l'entreprise de son grand-père, qu’il maintient en tête des plus gros constructeurs automobiles mondiaux depuis des lustres. Or, dans les entreprises «familiales», y compris les plus modestes, tous les «enfants de» et «petits-enfants de» n’ont pas forcément hérité du sens des affaires de leur père ou grand-père. La compétence n’étant en l’occurrence pas une garantie héréditaire. On connait des exemples. Mais pourquoi je vous parle d’Akio Toyoda, qui a entre-temps quitté son poste de CEO, ce qui doit évidemment contribuer à libérer sa parole? Parce qu’il s’est exprimé publiquement fin de l’année passée et quand quelqu’un de son calibre parle, on l’écoute. Et qu’a-t-il dit en substance ? En gros, qu’il ne pense pas que la technologie électrique soit l’unique moyen de faire baisser les émissions de CO2. Et aussi que le public voit aujourd’hui la réalité de ce que représente cette technologie – chère – qu’on veut lui imposer. «Il y a plusieurs moyens d’arriver au sommet de la montagne que représente la neutralité carbone» a-t-il ainsi déclaré il y a quelques mois. Une voix pour le moins dissonante dans un concert de pensée unique qui a aveuglé certains groupes automobiles et qui a abouti à des déclarations souvent très optimistes, annonçant «une gamme 100% électrique» d'ici à 2025, 2030, 2035 selon les cas.

«Il y a plusieurs moyens d’arriver au sommet de la montagne que représente la neutralité carbone.»

Or, à quoi assiste-t-on aujourd’hui ? Après un démarrage en fanfare (mais il est facile de brandir des évolutions positives à deux chiffres quand on part de zéro…), la demande pour l’électrique, au mieux stagne, au pire baisse, aux États-Unis comme en Europe. Là où certains voient l’électrique comme la panacée, M. Toyoda la voit plutôt comme un moyen parmi d’autres. Raison pour laquelle il n’a pas lancé son groupe dans une surenchère d’annonces ni d’investissements. Il est prudent, M. Toyoda. Ou réaliste, c’est selon… Car aujourd’hui, on constate que nombre de grands groupes automobiles lèvent le pied sur l’électrique, réduisent leurs ambitions comme leurs investissements, les déclarations béatement tapageuses d’hier ayant été entre-temps confrontées à la réalité du marché. M. Toyoda n’est donc pas contre l’électrique. Il est juste réaliste et continue de croire à l’hybride (domaine dans lequel Toyota est pionnier avec sa première Prius de 1997 déjà…), à l’hydrogène (à pile à combustible), voire aux thermiques (à essence et Diesel) qui n’ont pas livré tous leurs secrets. Ces technologies peuvent, selon lui, parfaitement assurer la transition en attendant que les voitures à batterie se démocratisent, que le réseau électrique soit à la hauteur partout, que le maillage de bornes se développe, que des progrès surviennent en matière d’autonomie et surtout que la production d’électricité soit elle aussi partout vertueuse. Même des États européens commencent à se dire que cette décision du «tous en électrique en 2035» était peut-être un peu précipitée. Est-ce la perspective d’élections, notamment européennes, cette année qui explique cette soudaine tiédeur dans les propos?

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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