- Avis Rédaction 15.63 /20
Si l’on entend souvent dire, à juste titre, que les motorisations électriques grignotent des parts de marché en Europe, gardons-nous de toute conclusion hâtive: le moteur thermique n’a pas encore abdiqué. Pour le particulier – celui qui finance lui-même son véhicule, souvent au prix d’un effort financier conséquent – l’essence demeure une alternative quasi incontournable. Les chiffres de l’ACEA pour 2025 confirment d’ailleurs cette tendance de fond. Si les électriques ont certes capté 18% des ventes (contre 13,6% un an plus tôt et un infime 0,6% il y a dix ans), cette progression est à nuancer face à la suprématie des hybrides auto-rechargeables, qui s’adjugent 34,6% du marché, suivis de près par l’essence «non électrifié», à 26,6%. Dans ce paysage en mutation, le Diesel poursuit sa lente agonie sous la barre des 9%.
Le constat est plus frappant encore à l’échelon belge, où l’essence reste la motorisation de prédilection des automobilistes. Ici, le Diesel a littéralement sombré pour ne plus représenter que 3% des immatriculations selon la FEBIAC, alors qu’il régnait sur 60% du parc il y a peu. Ce préambule souligne une réalité de terrain: le thermique traditionnel conserve une place stratégique, car tout le monde n’a pas le privilège de rouler dans une électrique financée par son employeur. L’essence, micro-hybridée ou non, reste donc logiquement le cœur de cible des constructeurs généralistes. Kia l’a d’ailleurs parfaitement compris au moment de plancher sur la succession de sa populaire Ceed, le modèle même qui a cimenté les ambitions européennes de la marque. Historiquement produite à Žilina, en Slovaquie, la compacte a pourtant dû céder sa place: fin 2025, les chaînes slovaques ont fait leurs adieux à la Ceed pour accueillir les nouvelles EV2 et EV4. Dès lors, une question brûle les lèvres: où sera donc assemblée la remplaçante de la star?
LE CONCEPT
C’est au Mexique, au sein de l’usine de Pesquería, que se joue l’avenir de la compacte coréenne. Un site qui a bénéficié d’un investissement de 150 millions de dollars pour accueillir, dès 2023, les lignes d’assemblage de la K4. Si cette appellation sonne comme une nouveauté pour nous, elle n’a rien d’une page blanche car la K4 sillonne déjà les routes américaines et canadiennes depuis 2024. Mais face à l’impératif de remplacer une Ceed vieillissante tout en libérant les chaînes slovaques pour l’offensive électrique, Kia a habilement joué la carte de la synergie globale.
Évidemment, on ne parachute pas une «Américaine» sur le Vieux Continent sans quelques ajustements. Le centre technique d’Offenbach, en Allemagne, s’est donc penché sur son berceau pour l’adapter aux exigences de notre segment C. Le cahier des charges? Davantage de précision et de dynamisme. Calibrages de suspension, ressorts, amortisseurs, direction, barres antiroulis et supports moteur ont été revus pour offrir une conduite plus maîtrisée et active, loin de la souplesse parfois excessive prisée outre-Atlantique.
Pourtant, ses gènes US transpirent encore dans son gabarit. Avec 4,44 m de long, la K4 toise les ténors de la catégorie; une Golf, référence historique s’il en est, rend ainsi 16 cm à la Coréenne. Plus longue, plus large, mais aussi plus basse que la rivale allemande, la Kia affiche une stature imposante et des proportions particulièrement équilibrées. Son long capot, large et bas, son habitacle reculé et son empattement généreux lui confèrent un profil élancé, dynamisé par un toit «flottant» et des poignées de portes arrière dissimulées dans les montants C.
Visuellement, elle adopte avec brio les derniers codes stylistiques de la marque, empruntant notamment à la grande EV9 sa signature lumineuse «Star Map» et sa calandre «Tiger Nose» réinterprétée. Le design est fort, identifiable et, avouons-le, franchement réussi. Si l’usine mexicaine produit également une silhouette tricorps, seule la version hatchback (5 portes) tentera de séduire le public européen. Mais que les pères et mères de famille se rassurent: un véritable break viendra prêter main-forte à la berline dès cet été.
- Comportement routier plaisant, équilibré entre confort et dynamisme
- Rapport prix/équipement de série/qualité favorable
- Habitabilité soignée à toutes les places
- Moteur 1.6 turbo sans ambitions environnementales (CO2)
- Accès à bord parfois problématique (à l’avant)
- Consommation… à la carte