Dire que les débuts de la bz4x (en 2021) furent laborieux ne choquera personne. Le modèle ne dégageait pas une personnalité particulière, son nom ressemblait plus à celui d’un aspirateur, bref : il n’est jamais sorti du lot. Mais Toyota s’est sérieusement repositionnée dans le monde de la voiture électrique. La gamme débute désormais par l’Urban Cruiser (segment B) développé avec Suzuki ; Ensuite, c’est en collaboration avec Subaru (dont Toyota possède 20%) que ça continue : la bz4x reste au catalogue, elle vient de profiter d’un facelift et d’améliorations techniques. Ensuite le nouveau CH-R+, version plus « sportive » de la bZ4x, et à présent celui qui semble déjà s’imposer comme le modèle phare, le bz4x Touring, SUV du segment D, qui pourrait presque passer pour le nouveau (et hypothétique) RAV4 électrique. Toyota dit ne pas avoir imaginé cette version Touring lors du développement de la bz4x...

De la bz4x à la Touring
Les nouvelles proportions sont trompeuses, car la bz4x ne s’allonge « que » de 14 cm (à partir du montant C, sur le porte-à-faux) pour devenir Touring. Si ce SUV semble beaucoup plus imposant, c’est en raison de son toit est plus relevé et plus horoizontal. L’empattement demeure inchangé à 2,85 m, mais cet allongement a nécessité plusieurs renforts structurels. Toyota n’a cependant pas touché aux fondamentaux du châssis : on retrouve une suspension avant de type MacPherson et un train arrière à double triangulation, accompagnés des mêmes systèmes de direction et de freinage.
La banquette semble un peu plus vaste (repositionnée et le toit est plus haut), mais c’est surtout dans le coffre que le changement est perceptible : + 48% de volume disponible, soit au minimum 669 et jusqu’à 1718 litres lorsque les dossiers 60/40 sont rabattus. Si cela ne suffit pas, le bz4x Touring peut gérer une remorque jusqu’à 1500 kg (AWD).

C'est évidemment au niveau du style que la bz4x Touring fait la plus forte impression. Le SUV adopte la nouvelle signature « hammerhead » des dernières créations Toyota (optiques effilées, faciès plus affirmé). Les protections de carrosserie généreuses, les plaques façon aluminium, les rails de toit et les jantes noires de 18 ou 20’’ apportent une allure plus aventurière. La transformation est radicale : cette bz4x dégage enfin de la personnalité.
224 ou 380 ch
Ce nouveau modèle hérite des essieux e-Axles introduits par la bz4x revue et améliorée en 2025. Ces essieux intègres boîte-pont, moteur-générateur et onduleur) dans un seul et même carter, mais de taille différente : l’eAxles arrière est plus plat, de sorte à ne pas sacrifier trop de place dans le coffre. Deux propositions composent la gamme : simple traction de 224 ch et 268,6 Nm et transmission intégrale de… 380 ch et 2 x 268,6 Nm.
Pour alimenter le ou les moteur(s), une seule batterie disponible : 74,7 kWh (71 nets). Toyota n’a pas souhaité une dalle plus grande afin de contenir le poids et donc les taxes, en fonction du pays (ou de la région) ou l’on vit. Dans l’absolu, la version traction reste tout juste sous les 2 tonnes alors que la 4WD atteint environ 100 kg de plus. Par rapport à la bz4x « normale », c’est seulement 60-70 kg de différence.
Homogénéité ou punch ?
A bord on retrouve l’ambiance bz4x, avec en position dominante l’écran central de 14’’. La console centrale, bien large, concentre sélecteur de vitesses, deux chargeurs par induction et la molette du sélecteur de marche.
Nous débutons notre essai au volant de la version FWD qui, les premiers kilomètres, séduit par son homogénéité. Le moteur volontaire ne cherche pas à vous catapulter à chaque accélération (0 à 100 km/h en 7,4 s). Cette variante privilégie avant tout l’efficience et revendique jusqu’à 591 km d’autonomie WLTP. En jouant le jeu de l’éco-conduite sur les routes vallonnées autour du lac de Bled, en Slovénie, notre consommation est descendue à 17,1 kWh/100 km. Le bZ4X Touring reste relativement étroit avec 1,86 m de large, ce qui facilite la prise en main sur les petites routes sinueuses. Le petit volant participe agréablement à la sensation de précision, tandis que le travail réalisé sur les suspensions mérite une mention spéciale : le confort est très bon.

En passant à la version AWD, on change de rythme. Les 380 ch détonnent. On accélère de 0 à 100 km/h en 4,4s et les reprises nous plaquent au dossier. le badge GR n’aurait pas semblé excessif ! Si la version FWD 224 ch pointe à 160 km/h, l'AWD pousse à 180 km/h. L’accord entre les deux moteurs semble idéal, pas d’à-coups ni de réactions trop brutales, au contraire, c'est puissamment velu. Forcément rassurés par les 4 roues motrices, on relance bien plus tôt en sortie de courbe, sans aucune crainte. Un tracteur nous ralentit ? Une pression sur l’accélérateur et l’engin agricole disparaît dans le rétro. Logiquement, la consommation monte, mais pas dramatiquement : un peu plus de 20 kWh/100 km lors de notre séance d’essai montagneuse. On regave la batterie via le chargeur AC à une puissance de 11 kW (finition Business) ou 22 kw (Executive) ou à 150 kW en DC, dans tous les cas.
Toyota souligne les capacités de franchissement du modèle AWD grâce aux dispositifs X-MODE et Grip Control, déjà connus (par exemple lors de notre premier essai du Subaru e-Outback, le jumeau technique de cette Toyota). On est loin de la sphère des Hilux et Land Cruiser, mais le bz4x Touring AWD gère parfaitement routes dégradées, terrains boueux et caillasse et même des passages à gué de 500 mm. Grâce à son moniteur multiterrain, les caméras sondent avec précision les abords immédiats de l'auto.
bz4x enfin cohérente
La version Touring révèle tout le potentiel de la base bz4x. En y ajoutant plus de place, de coffre et surtout de look, elle apporte une plus grande polyvalence et une allure nettement plus sexy. Le prix d’achat démarre à 52.335 € pour la version FWD Business, et 55.700 pour la AWD Business. Le haut de gamme est la AWD Executive à 60.340 €.
La version AWD Business présente un rapport prix/performances/polyvalence intéressant.
Dernier point et non des moindres : Toyota couvre cette voiture d’une garantie de 10 ans/160.000 km et carrément 10 ans et un million de kilomètres pour la batterie. Avis aux taximen, quand l’heure viendra de remplacer la Camry, pour passer au 100 % électrique.

Dans cet article : Toyota, Toyota Bz4x touring